mercredi 21 février 2018

La Convention ONU CDPH: quand sera-t-elle appliquée en France?

Message aux signataires de la pétition pour l'abolition des hospitalisations forcées et des traitements forcés en application de la Convention CDPH ONU

La Convention ONU CDPH: quand sera-t-elle appliquée en France?

Chères amies, chers amis,

La convention ONU CDPH interdit l'hospitalisation forcée et le traitement forcé comme des discriminations et une violation des droits de la personne (Commentaire Général 1 sur article 12, guidelines on article 14).

En France c'est le Défenseur des droits qui est chargé de faire appliquer cette convention, ainsi que la Commission nationale consultative des droits de l'homme et le Conseil national consultatif des personnes handicapées.

La mise en œuvre de cette convention se fait par des échanges entre l'état français, le Comité de la Convention, et la société civile, c'est à dire les associations d'usagers. C'est un processus lent, sur des années. C'est diplomatique, et le gouvernement ignore ses engagements.

Le lobbying se fait aussi au niveau européen.

La pétition ne suffit pas: nous devons rejoindre des associations d'usagers pour faire valoir nos droits.


Voici quelques liens:

Défenseur des droits
https://www.defenseurdesdroits.fr/

Conseil national consultatif des droits de l'homme
http://www.cncdh.fr/

Conseil national consultatif des personnes handicapées
http://www.gouvernement.fr/conseil-national-consultatif-des-personnes-handicapees-cncph

Conseil Français des personnes handicapées pour les affaires européennes
http://www.cfhe.org/

Forum européen des personnes handicapées
http://www.edf-feph.org/

Réseau européen des usagers et survivants de la psychiatrie
http://enusp.org/

Aujourd'hui, Advocacy-France est la seule association d’usagers de la santé mentale qui soit membre du CNCPH
http://www.advocacy.fr/

Convention ONU Droits des Personnes Handicapées
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Commentaire Général 1 sur article 12
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Lignes directrices sur article 14
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc

vendredi 2 février 2018

France: Madame Buzyn relance la machine à droguer avec un tissu d'inepties

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, s'exprimait au congrès du journal l"Encéphale, le 26 janvier dernier, pour présenter son plan d'action en faveur de la psychiatrie.

La vidéo est ici:
https://www.youtube.com/watch?v=HmH98N_4SQQ&feature=youtu.be

Il me semble que la ministre nous assène un tissu d'inepties, une idéologie anachronique, incohérente, qui apparemment sert à vendre un retour en arrière vers le droguage éventuellement forcé d'au moins un quart de la population, en commençant par les enfants, avec un projet d'augmentation constante.

Le résultat d'une telle politique sera invariablement de fabriquer une épidémie de dépendances aux produits psychiatriques et son cortège de suicides, de passages à l'acte violents, de droits de l'homme piétinés, de maladies iatrogènes et de destruction programmée des personnes qu'on aura désignées pour être les boucs émissaires de notre incompétence au dialogue.

Les chimiothérapies psychiatriques utilisées produisent des syndromes de sevrage retardés et sévères, et fabriquent des psychoses aigües et des conditions de psychose chroniques qu'on entretient indéfiniment par des prescriptions cumulatives, associées à des séquelles neurologiques plus ou moins irréversibles. Ce sera aussi le découragement sans fin des personnels contraints à ne pas aider mais à maintenir les usagers dans les pièges des dépendances prescrites.

Le désastre sanitaire prévisible d'une telle politique n'est pas mesurable par rapport aux souffrances humaines qu'elle va engendrer.

Big Pharma conçoit et promeut l'idéologie psychiatrique


Voilà comment madame Buzyn s'y prend pour servir les intérêts des laboratoires pharmaceutiques au détriment de la santé publique et des droits de l'homme:


- Confusion idéologique:

En 11.30, la ministre avoue que tout est bidon dans le modèle médical de psychiatrie biologique, qu'elle promeut, et qui consiste à interpréter toute espèce de demande psycho-sociale, toute espèce de dysfonctionnement des relations inter-humaines, comme une "maladie du cerveau" d'une personne désignée comme "malade", qu'il convient de "diagnostiquer", de "pronostiquer" et de "traiter" par des produits neurotoxiques, la chimiothérapie, la camisole chimique et la lobotomie chimique. La ministre semble croire dur comme fer à la "prévention" et au "dépistage" de cette "maladie" supposée du cerveau.

Je cite: « L'étiologie structurelle des diagnostics psychiatriques reste inconnue. Aucun bio-marqueur n'est identifié. Nous ne savons pas ou peu établir de pronostics. Les connaissances neuro-scientifiques n'ont jamais permis un nouveau traitement psychiatrique sur la base d'hypothèses physiopathologiques. »

C'est à dire qu'il n'existe même pas de simples hypothèses physiopathologiques sur ces fameuses "maladies du cerveau". Encore moins une caractérisation anatomopathologique. Mais cette pseudoscience est alimentée par plus de 60 ans de réinvestissement des bénéfices réalisés par les laboratoires pharmaceutiques dans la conception et la promotion de l'idéologie.

La ministre nous engage alors, françaises et français, dans sa croisade personnelle, dans sa guerre (ce sont ses mots), pour redorer le blason de la psychiatrie française, sur un modèle complètement dépassé qui est celui du 19ème siècle.

Car la ministre croit passionnément à la "médecine de l'âme", une expression qu'elle emploie en 12.52, 27.22, 27.46. Elle pourra donc nous enseigner sa métaphysique, et nous permettre de disséquer l'organe de l'âme, qu'elle semble connaître si bien.



Le docteur Diafoirus, Molière, "le malade imaginaire", gravure d'Honoré Daumier ( http://www.honore-daumier.com/ )


- Premières victimes les enfants:

Madame Buzyn s'attaque lourdement aux enfants avec son gourdin de sottise. Elle veut recruter les enseignants dans son exorcisme national des démons de la "maladie mentale". C'est plus facile, n'est ce pas, de les droguer au berceau, ceux qui ne peuvent pas se défendre de notre cécité collective à reconnaitre le déficit d'attention parentale ou une pédagogie inadaptée. Les enfants de France feront les frais de notre non-sens d'adulte, en une projection fatale de nos échecs à la décence humaine. Les dégats des neurotoxines utilisées par la chimiothérapie psychiatrique sont extrêmements graves quand ils sont administrés aux enfants, c'est le viol de leur corps et de leur psyché. La règle de base en pédiatrie est de ne jamais prescrire de médicament sans preuve biologique ni certitude de bénéfice, mais seulement des placebos.




- Reconduction de l'absurde, encouragement à l'incompétence:

L'incompétence de madame Buzyn me semble crasse: en 22.08 elle confond le syndrome de sevrage consécutif à une baisse de produit psychiatrique avec la supposée "rechute" d’une supposée "maladie", de l'âme bien entendu, qui est située dans le cerveau, n'est ce pas...

Plus loin, elle interpréte la faillite progressive de la chimiothérapie, par mécanisme de tolérance, comme une supposée "aggravation clinique" de la supposée "maladie de l'âme".

La ministre a affaire à des "malades". C'est sa philosophie. Elle se base sur l'entéléchie d'Aristote, pure métaphysique (12.52), pour déterminer que votre âme est malade, et considère en même temps que tout "dualisme" entre le "somatique" et le "psychiatrique" est artificiel... Ce discours ahurissant déterminera la vie des personnes et la production d'expertises devant les magistrats qui serviront à les priver de leurs droits humains élémentaires.

La ministre semble tout à fait déterminée à imposer à tous son incompétence: chaque étudiant devra faire un stage dans la pseudoscience psychiatrique. Madame Buzyn veut s'assurer qu'on "diagnostiquera" précocément que votre âme est malade, n'est ce pas, afin de garantir un "traitement" chimiothérapeutique de celle-ci fait sans rupture, et basé sur la "confiance" forcée dans ce charlatanisme d'état violent et destructeur (21.57).


- Complet mépris des usagers 

Apparemment pour la ministre il n'existe pas d'usagers, mais il existe des "malades". En 17.44 elle nous livre un lapsus significatif : Madame Buzyn prône la "détection" de ces "malades", euh de ces "victimes" de "psychotraumatismes".

Pour autant que je puisse en juger ce plan a été élaboré avec la présence purement symbolique d'une association d'usagers agréée en vertu de sa soumission à l'idéologie gouvernementale. C'est une décision substitutive et une insulte aux usagers.

La démocratie de la santé est piétinée et remplacée par une sorte de technocratie de charlatans. Madame Buzyn fonctionne comme un mandarin incompétent: elle s'engage personnellement à imposer son idéologie aux Comités stratégiques de psychiatrie et de santé mentale (27:22).

Extrait du document CCOMS, rapport empowerment des usagers, 2014:


- Ignorance absolue des droits de l'homme.

En 20.29, la ministre nous propose un voeu pieux de "réduction du recours aux soins sans consentement". Je ne vois pas comment réagiront ceux dont on a décrété l'âme "malade" autrement que par le non-consentement au droguage individuel "thérapeutique".

La Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées interdit absolument l'hospitalisation forcée et le traitement forcé, comme des pratiques discriminatoires et des sytèmes de prises de décision substitutives: La ministre maintient la violation par la France des articles 12, 14, 15, 17, 19, 25 de cette convention. Commentaire général 1 sur article 12. Guidelines sur article 14. Commentaire général 5 sur article 19.


- La torture encouragée comme une "bonne pratique".

Les pratiques de contention et de mise à l'isolement vont faire l'objet de "recommandations de bonnes partiques" par la Haute Autorité de Santé, alors qu'elles remplissent les critères de la torture. La torture n'est pas un soin, la torture n'est pas une bonne pratique, mais elle est un crime contre l'humanité.




- Pour la ministre "soigner" les toxicomanies, c'est les changer de produits.

Madame Buzyn semble persuadée que la moitié des consommateurs de substances est atteinte d'une "maladie de l'âme" dite "trouble de la personnalité". Elle appelle ce concept des "comorbidités". C'est avantageux pour les labos parce que le "traitement" des "comorbidités" consiste à remplacer la substance de la rue par un produit délivré par les pharmacies et administré, au besoin par la force, afin de "corriger" le fonctionnement du cerveau "malade".


- Une politique du suicide basée sur la délation

En 24.13 madame Buzyn juge le suicide un "acte indicible", il s'agit d'une position morale et d'une fuite du dialogue. En imposant la délation obligatoire, elle prive les personnes d'un espace de confidentialité nécessaire au travail sur soi. La ministre semble ignorer le rôle des anti-dépresseurs dans les passages à l'acte, le traumatisme des hospitalisations et le désespoir de la condamnation psychiatrique à la camisole chimique, que les médecins n'arrêtent presque jamais, par peur. Ses propos suggèrent au contraire la contrainte, l'étiquettage, la déresponsabilisation, l'amnésie chimique, la médication chronique, la perte des droits des personnes, la prise de décision substitutive, et les médecins seulement "en charge", penchant préférentiellement vers le droguage forcé "de sécurité" des personnes.



- Les citoyens sont irresponsables, le secteur est responsable à leur place.

En 22.16 la ministre nous explique que le secteur psychiatrique a "responsabilité globale sur une population". J'en déduis que les citoyens sont irresponsables, et seront exposés aux contraintes.


- Croire au père Noël.

Madame Buzyn semble croire que le droguage plus ou moins forcé des populations au nom d'une idéologie anachronique se fera dans la joie et le volontariat. C'est comme imaginer une adoration infantile, universelle, envers les médecins considérés comme des dieux omniscients et omnipotents. Une telle conception scientiste, réductrice, pharmacologique, de la condition humaine, ne doit pas être imposée aux français. Elle nie les dimensions relationnelles et spirituelles des êtres humains. Le discours de madame Buzyn est passionné, complètement hors de la réalité des connaissances actuelles. Partout dans le monde on ne parle même plus de "maladies mentales" mais seulement de troubles et de difficultés psycho-sociales et le modèle médical est abandonné. Madame Buzyn semble ignorer ceci.


 
- La corruption tous azimuts des labos ne sera pas combattue.

Source wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_Buzyn

"En janvier 2016, Agnès Buzyn, qui avait été rémunérée par trois laboratoires privés avant 2011 tout en occupant diverses positions dans des organismes publics, estime devant la commission des affaires sociales du Sénat français que l’obligation de déclarer publiquement tout conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique instaurée en 2011 par la loi Bertrand afin de renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique serait devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs qui « ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l'INCA »16. Selon elle, « vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts16 »

D'après Libre Actu, Madame Buzyn a touché des labos pendant au moins 14 ans !
http://www.libreactu.fr/agnes-buzyn-a-ete-remuneree-par-les-labos-pendant-au-moins-14-ans/

Cependant rien n'est visible sur la base transparence santé France, qui donc ne remplit pas son rôle.

Il y a aussi le conflit d'intérêt évident par rapport à son mari qui dirige l'INSERM.
Article Marianne ici:
https://www.marianne.net/politique/comment-matignon-tente-de-sortir-la-ministre-agnes-buzyn-d-un-embarrassant-conflit-d


- Ce qui manque dans ce discours

Le système est supposé aider les usagers. Mais tout est décidé sans les usagers. Comme la psychiatrie est souvent un artifice de non-résolution des conflits aux dépens du plus faible, les intérêts des usagers sont ignorés, et leur voix n'existe pas.

Les usagers doivent décider la politique qui les concerne. On doit reconnaître l'expertise des usagers, et les inviter à s'exprimer dans les facultés. Les usagers sont les meilleurs aides, c'est la pair-aidance, qui doit être reconnue et valorisée. Par exemple, les réseaux d'entendeurs de voix proposent une aide précieuse à leurs membres.

Les orientations politiques doivent être guidées par la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées: non discrimination, pas de système de prise de décision substitutive, mais des prises de décision assistée, pas de traitement forcé, pas d'hospitalisation forcée, mais inclusion dans la communauté. Directives anticipées, désignation d'une personne de confiance, mandat de protection future.



Santé mentale et droits de l’homme, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme,
31 janvier 2017, page 12. http://ap.ohchr.org/documents/dpage_e.aspx?si=A/HRC/34/32


Meilleure médecine: L'information sur les produits prescrits doit être complète: objectifs de la prescription, sa durée, l'appréciation des résultats, les effets secondaires et les complications, les maladies iatrogènes, les séquelles et leur incidence, l'arrêt du produit, la dépendance, la tolérance, le sevrage, les interactions, et présentation des alternatives possibles, y compris non médicales.

Les médecins doivent savoir reconnaître un syndrome de sevrage aux médicaments, doivent savoir sevrer les produits qu'ils prescrivent et dans tous les cas accepter les demandes de sevrage. Tout effet que vous notez ou que vos proches remarquent, survenant dans les semaines qui suivent une baisse de dosage d'un produit psychotrope, et corrigé par le retour au dosage antérieur, est un syndrome de sevrage.

Réalité: tout ce qui n'est pas en congruence avec la personnalité du patient telle qu'elle était avant le traitement est du au traitement et pas à une condition psychiatrique supposée. La personne sous chimiothérapie psychiatrique n'est souvent pas consciente que sa condition est liée au produit prescrit: il faut l'informer.

En plus des aides sociales et juridiques, il me semble qu'on devrait proposer aux usagers autre chose que la chimiothérapie, dans tous les cas. La chimiothérapie prive la personne de ses moyens, l'ouverture du dialogue ne fonctionne pas et les progrès sont entravés quand la personnalité est altérée par les produits prescrits.

L'approche de dialogue ouvert a démontré sa capacité à ne pas transformer un épisode d'incompréhension de la personne, dite psychose, en condition chronique.

Il me semble qu'on devrait proposer toutes formes de psychothérapies, des pratiques de conscience somatique, de respiration consciente, de résolution des traumatismes, et aussi redonner leur place aux spiritualités. J'appelle spiritualités les pratiques souvent issues des traditions ou des arts martiaux qui visent à apaiser le mental, à exprimer les émotions et à traverser les deuils, à soigner les traumatismes, à résoudre les conflits par la communication, à développer sa personnalité, à se connecter à son corps, à sa naissance ou à ses ancêtres, à fournir des réponses, à (ré)affirmer son but de vie et à le réaliser, à souder les communautés et à favoriser le support et l'entraide mutuelle.

Enfin, les usagers et survivants de la psychiatrie demandent:

- Le respect de leur droit à des réparations pour les victimes des violations des droits de l'homme, selon les principes ONU, résolution GA2005:
Restitution, compensation, réhabilitation, satisfaction et garantie de non-répétition.

- La vérité et reconciliation en psychiatrie.


- Démission ou bien crime contre l'humanité

Le discours de la ministre me semble si accablant d'incompétence que je demande sa démission. Il y va de la vie de dizaines, de centaines de milliers de personnes adultes, enfants et personnes agées. C'est un crime contre les français qui est en train d'être perpétré.


- Signez et partagez la pétition

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


Références:

Le traité CDPH signé avec l'ONU
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Observation générale sur l'article 12:
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

I.7. Les États parties doivent examiner l’ensemble de leur législation dans tous les domaines afin de s’assurer que le droit à la capacité juridique des personnes handicapées n’est pas limité par rapport à celui des autres. Depuis toujours, les personnes handicapées sont privées de leur droit à la capacité juridique dans de nombreux domaines de  manière discriminatoire dans le cadre de systèmes de prise de décisions substitutive comme la tutelle, la curatelle et les lois relatives à la santé mentale qui permettent le traitement forcé.
Ces pratiques doivent être abolies afin que les personnes handicapées retrouvent une pleine capacité juridique, sur la base de l’égalité avec les autres.


Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU octobre 2017
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Documents CCOMS, Journées sur la contrainte, 2017
http://www.ccomssantementalelillefrance.org/?q=journ%C3%A9e-sur-la-contrainte-le-film-et-les-pr%C3%A9sentations

La position de l'ENUSP (European Network of Users and Survivors):
"La contrainte n'est pas du soin, mais elle est à l'opposé du soin".
http://www.ccomssantementalelillefrance.org/sites/ccoms.org/files/pdf/TR1Paris%202017_position%20ENUSP%20coercion.pdf

Documents CCOMS, Rapport empowerment des usagers, 2014
http://www.ccomssantementalelillefrance.org/?q=journ%C3%A9e-sur-la-contrainte-le-film-et-les-pr%C3%A9sentations

Santé mentale et droits de l’homme Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, 31 janvier 2017
http://ap.ohchr.org/documents/dpage_e.aspx?si=A/HRC/34/32

Le Rapporteur ONU sur la torture demande d'abolir les traitements forcés, 2013
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session22/A.HRC.22.53_English.pdf

Le "traitement" forcé est de la torture, par Peter Breggin, 2016
https://www.madinamerica.com/2016/06/forced-treatment-is-torture/

L'hospitalisation psychiatrique forcée est un crime contre l'humanité.
Szasz T. (1976) Involuntary Mental Hospitalization. In: Humber J.M., Almeder R.F. (eds) Biomedical Ethics and the Law. Springer, Boston, MA
https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4684-2223-8_12

La fabrique des suicides:
Hjorthøj CR, Madsen T, Agerbo E, et al. Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case-control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1357–65.

Large MM, Ryan CJ. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1353–5.

La fabrique des traumatismes
Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés (Priebe S., Bröker S., Gunkel S., 2015):
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients

Le désastre sanitaire prévisble
Psychiatry is a disaster area in healthcare that we need to focus on, Peter C Gøtzsche,Professor Nordic Cochrane Centre, Copenhagen, BMJ 2018;360:k9.
http://www.bmj.com/content/360/bmj.k9/rr-15

Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

La fabrique des psychoses
Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217

Les syndromes de sevrage
Dr Peter Breggin, "Psychiatric drug withdrawal", 2013
http://www.breggin.com/


RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/

L'ONU dénonce le modèle médical:

La Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU prescrit aux états membres d'abandonner le modèle médical pour le remplacer par le modèle psycho-social.

Je cite le document ONU (http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=801):

Le traité considère le handicap comme le résultat de l’interaction entre un environnement inaccessible et une personne, plutôt qu’un attribut intrinsèque d’une personne. Il remplace l’ancien « modèle médical » du handicap par un modèle social, basé sur les droits de l’homme, postulant que c’est la société qui « handicape » les personnes handicapées, les empêchant d’exercer leurs droits en tant que citoyens.

Open Dialogue: l'ouverture du dialogue est la bonne pratique.
La meilleure réponse à la crise dite "psychotique" est l'approche Open Dialogue qui a plus de 80% de succès et plus de 20 ans d'expérience:

Seikkula Jaakko et collègues, 2010, "The Comprehensive Open-Dialogue Approach in Western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care."
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819?src=recsys


Sur les neuroleptiques dits antipsychotiques:

Les essais thérapeutiques qui prétendent valider des indications en psychiatrie ne permettent pas de considérer la durée mais dans cette étude de suivi sur 20 ans, les neuroleptiques en réalité entretiennent la dite "schizophrénie".

Harrow M. et collègues, 2014 "Does treatment of schizophrenia with antipsychotic medications eliminate or reduce psychosis? A 20-year multi-follow-up study
http://www.mentalhealthexcellence.org/wp-content/uploads/2013/08/HarrowJobePsychMedMarch2014.pdf

Les neuroleptiques de longue durée sont un facteur de chronicisation et de non-guérison des épisodes dits psychose. Autrement dit les neuroleptiques fabriquent des maladies chroniques. Etude sur 7 ans.

Wunderick S. et al., 2013, "Recovery in Remitted First-Episode Psychosis at 7 Years of Follow-up of an Early Dose Reduction/Discontinuation or Maintenance Treatment Strategy: Long-term Follow-up of a 2-Year Randomized Clinical Trial."
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23824214

La dépendance aux neuroleptiques est marquée avec les syndrome de sevrage retardés, et les phénomènes dits psychoses d'hypersensibilité, provoqués par le produit et par l'augmentation des doses nécessaires par un mécanisme d'hypersensibilisation adaptative à la dopamine. C'est plus sévère que dans le sevrage alcoolique:

Volkmar Aderhold, Peter Stastny, 2015, "A Guide to Minimal Use of Neuroleptics: Why and How".
http://www.madinamerica.com/wp-content/uploads/2015/08/Guide-to-Minimal-Use-of-Neuroleptics-.pdf

Le rétrécissement cérébral des patients étiquetés schizophrénie est du aux drogues administrées.

Beng-Choon Ho et al., 2011: "Long-term Antipsychotic Treatment and Brain VolumesA Longitudinal Study of First-Episode Schizophrenia"
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=211084

"Supersentivity psychosis" (psychose tardive): altération du cerveau par les neuroleptiques au long cours, agitation, insomnie, manifestations psychotiques.

Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."
http://www.karger.com/Article/Abstract/112883

Les traitements neuroleptiques sont fortement suspects de produire des crises psychotiques soit par syndrome de sevrage, soit par toxicité directe

Moncrieff J., 2006: "Does antipsychotic withdrawal provoke psychosis? Review of the literature on rapid onset psychosis (supersensitivity psychosis) and withdrawal-related relapse."
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16774655%20

Etiquette Schizophrénie: les "symptômes négatifs" sont liés à la toxicité des produits administrés, au traumatisme et au désespoir que la psychiatrisation provoque.

Luther L. et collègues, 2015: "Expectancies of success as a predictor of negative symptoms reduction over 18 months in individuals with schizophrenia."
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26162662/


lundi 22 janvier 2018

Giorgio Antonucci 1933-2017

Giorgio Antonucci 1933-2017, était médecin psychiatre italien, psychanalyste, essayiste, poète. Il fut directeur de deux services d'hôpitaux psychiatriques pendant de nombreuses années.

Il était du coté des patients, dans une relation d'égal à égal. Il a lutté pour prévenir et abolir les traitements psychiatriques forcés, pour libérer les personnes des hôpitaux psychiatriques italiens depuis le début des années 60 et surtout pour démontrer qu'un diagnostic psychiatrique est en réalité un jugement psychiatrique, soutenu par un préjugé social.

Dacia Maraini: "En quoi consiste cette nouvelle méthode en ce qui concerne ceux que l'on considère des malades psychiques?"

Giorgio Antonucci: "Pour moi cela signifie que les malades mentaux n'existent pas et que la psychiatrie doit être complètement éliminée."

Interview de 1978 [2]


Giorgio Antonucci a donné une interview avec l'association de survivants il cappellaio matto en avril 2017, traduite sur ce blog. [3]


Citation Wikipedia [4]:

Dans ses publications, Giorgio Antonucci affirme qu'il se rapproche, théoriquement, du courant existentiel-humaniste de Carl Rogers, des courants de critique à la psychiatrie (Erving Goffman, Ronald Laing, David Cooper, et Thomas Szasz) et de la critique à l'institution asilaire de Franco Basaglia12.
Szasz affirme qu'il est d'accord avec Giorgio Antonucci sur le concept de « personne » des, communément appelés, malades psychiatriques : ils sont, comme nous, des personnes à tous points de vue, qui peuvent être jugées du point de vue émotif et dans sa « condition humaine » ; la « maladie mentale » ne transforme pas le patient en « moins qu'un homme », et le psychiatre n'est pas nécessaire pour « lui rendre son humanité »12.
Giorgio Antonucci est le fondateur de l'approche non psychiatrique de la souffrance psychique, qui se fonde dans les sujets suivants13,14,15 :
  • Le traitement sanitaire obligatoire ne peut être une approche scientifique et médicale de la souffrance, étant basé sur la force contre la volonté du patient.
  • L'éthique du dialogue est substituée à l'éthique de la coercition. Le dialogue peut seulement se développer entre des individus qui se reconnaissent comme des personnes dans une confrontation inter pares.
  • Le diagnostic est nié, étant considéré comme un préjugé psychiatrique qui empêche de commencer le véritable travail psychologique avec les êtres humains en souffrance.
  • Les psychotropes ou drogues psychiatriques servent à calmer, et à améliorer les conditions de vie de ceux qui doivent s'occuper du patient. On refuse tout autre usages qui nuisent à la personne, de la lobotomie jusqu'à la castration (proposée aussi en Italie, en référence aux délits sexuels), et toutes les formes de choc.
  • Pour critiquer les institutions, on doit aussi remettre en question la pensée qui les a créées.


Giorgio Antonucci a dit aussi:

"L'essence de la psychiatrie repose sur une idéologie de discrimination" [1]








Références

[1] Foot, John (2015). The Man Who Closed the Asylums: Franco Basaglia and the Revolution in Mental Health Care. New York: Verso Books. p. 105. ISBN 9781781689264.

[2] http://www.nopazzia.it/Antonucci/marainiantonucci.htm

[3] Une interview de l'association de survivants il cappellaio matto d'avril, 2017 est traduite sur ce blog:
https://depsychiatriser.blogspot.fr/2017/08/entretien-avec-le-dr-giorgio-antonucci.html

[4] Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Giorgio_Antonucci

Fausse science et vrai empoisonnement: le métabolisme des personnes est ignoré

On vous impose les conceptions absurdes du charlatanisme psychiatrique, et c'est odieux. Puis on vous contraint à l'empoisonnement neurologique au nom d'une idéologie financée par les revenus pharmaceutiques, adultes et enfants, et c'est criminel.

En chronique tous ces produits psychiatriques sont beaucoup trop toxiques et/ou difficiles à sevrer. Les consommer me semble un mauvais choix. Je pense qu'on ne devrait pas les prescrire du tout pour commencer.

En plus on ne respecte généralement pas les différences individuelles:

On sait depuis longtemps que le métabolisme des produits psychiatriques est génétiquement déterminé par des variations de l'enzyme cytochrome P450, les gènes s'appellent CYP2D6, CYP3A4, CYP3A5, CYP1A2.

Selon votre profil génétique, l'activité du produit neurotoxique administré, antidépresseur ou antipsychotique, peut varier considérablement. Et en même temps les accidents et les effets secondaires et les séquelles et maladies iatrogènes. Et avec les interactions médicamenteuses, c'est carrément jouer à la roulette russe avec la vie des usagers.

Que se passe-t-il si vous êtes surdosé par rapport à votre profil enzymatique? Et bien vous ne supportez pas le produit, et vous rouspétez. Pensez-vous que vous serez écouté?

Que se passe-t-il si vous êtes surdosé en antidépresseurs? Vous risquez les convulsions et le coma. Ou alors vous devenez berserk et vous vous suicidez.

Les labos savent très bien tout cela, et apparemment font tester leurs poisons sur une cohorte de patients qui métabolisent normalement ou bien plus vite: On enregistre alors moins d'effets secondaires dans les essais dits "thérapeutiques"... Mais si vous ne métabolisez pas les produits, que vaut cet essai pour vous à votre avis?

Vous a-t-on informé de ceci?

Au lieu de celà, les poisons qui rendent fous et dépendants sont distribués à la ronde pour un oui, ou pour un non, par une société qui s'auto-détruit.


Abolir les traitements forcés, pétition:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


Références:

Les produits impliqués
Psychotropic Medications Metabolized by Cytochromes P450 (CYP)2D6 Enzyme and Relevant Drug Interactions, Getinet Ayano, 2016
https://www.omicsonline.org/open-access/psychotropic-medications-metabolized-by-cytochromes-p450-cyp2d6-enzyme-and-relevant-drug-interactions-2167-065X-1000162.pdf

Des risques mortels
Identifying and reducing the risk of antipsychotic drug interactions, Stephen Bleakley, 2012
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/pnp.231/pdf

Anti-dépresseurs ISRS et CYP2D6
Selective Serotonin Reuptake Inhibitors and CYP2D6, Ali Torkamani, 2016
https://emedicine.medscape.com/article/1879354-overview#showall

La FDA recommande le test de profil enzymatique avant de prescrire un antidépresseur ISRS.
US Food and Drug Administration. FDA Table of Pharmacogenomic Biomarkers in Drug Labels. Accessed: February 24, 2012.Available at
http://www.fda.gov/Drugs/ScienceResearch/ResearchAreas/Pharmacogenetics/ucm083378.htm.

Le test est possible
CYP Testing to Help Prevent Dangerous Adverse Drug Reactions
Selma Eikelenboom-Schieveld, 2017
https://www.madinamerica.com/2017/01/cyp-testing-prevent-dangerous-adverse-drug-reactions/

L'expérience d'une personne métaboliseur lente avec aripiprazole
Why I Resigned From The Mighty, Twilah Hiari, February 16, 2017
https://www.madinamerica.com/2017/02/why-i-resigned-from-the-mighty/

Un article en français, un peu ancien: Le polymorphisme génétique du cytochrome P450 2D6 : le Bon, l'Ultrarapide, l'Intermédiaire et le Lent, C. F. Samer J. A. Desmeules M. F. Rossier D. Hochstrasser P. Dayern, Rev Med Suisse 2004; volume 0. 23775
https://www.revmed.ch/RMS/2004/RMS-2476/23775




jeudi 18 janvier 2018

Quand le journal La Provence publie des sottises et ne respecte pas le droit de réponse.

Je partage ceci.

Droit de réponse
https://nomadescelestes.files.wordpress.com/2018/01/texte-droit-de-reponse-proposition-collective11.pdf

Pour un regard construit et humain sur les faits psychiatriques

Suite à la parution de la Une de la Provence du 5 Septembre 2017 dernier, intitulé « Barjots, Schizo et les autres – Comment la société les gèrent ? », illustré d'une photographie mettant en scène une personne soumise au port d'une camisole, un grand nombre de personnes en souffrance psychique ainsi que leurs familles, se sont senties offensées et opprimées et ont pris l'initiative pour réagir et agir comme le démontre la mobilisation autour de la pétition mise en ligne par l'association les « Nomades Célestes », le 9 Septembre dernier.

L'association Les Nomades Célestes, ainsi que les acteurs signataires de ce texte (voir encadrés), qui travaillent au quotidien auprès de personnes en situation de souffrance psychique entendent ici répondre, collectivement avec fermeté intellectuelle et citoyenne active, à cette parution afin d'éclairer le débat relatif à l'accompagnement et à la compréhension des problématiques de santé mentale :

La société ne « gère » pas des personnes. Tout comme les structures ne « gèrent» pas les malades mais les « accompagnent » pour répondre à l'aide sollicitée soit par elle-même soit par leur famille.

Il n'y a aucun lien statistique entre actes meurtriers et le diagnostic de schizophrénie, bien au contraire, l'étude « The predictive value of risk categorization in schizophrenia », publiée en 2011, montre que les personnes concernées ne sont pas plus dangereuses que le reste de la population. Par ailleurs, si les personnes en situation de souffrance psychique sont surreprésentées en prison, c’est généralement pour des délits mineurs jugés en comparution immédiate. (Un fait mis en évidence notamment par Médecins du Monde dans le cadre de leur projet de recherche sur les « alternatives à l’incarcération »).

Le port de la camisole, qu'elle soit physique ou médicamenteuse est une pratique contraignante qui représente une réduction significative de liberté nécessitant un cadre médical, législatif et institutionnel pour un temps réduit. En outre, le traitement médicamenteux négocié n'a aucun rapport avec la camisole chimique.

Rappelons que la France est l'un des pays d’Europe dont les hospitalisations obligatoires sont en augmentation, comme le démontre l’étude de la démographe Magali Coldefy publié en 2017. Par ailleurs, l’espérance de vie des personnes souffrant de schizophrénie est réduite de dix à vingt ans par apport à l’ensemble de la population. Faits mis en lumière par l'étude réalisée par des chercheurs de l'université d'Oxford, publiée en 2014 dans la revue « World Psychiatry ».

Cet article est l'occasion de mettre en valeur le travail considérable réalisé par des structures associatives et des collectifs du terrain qui créent et amènent des solutions alternatives innovantes dans le domaine de la santé mentale » avec l’implication des personnes concernées. C'est l'approche dite du « rétablissement » et d’appropriation par l’empowerment. Il s'agit de prendre en compte le vécu individuel et collectif des personnes concernées, en amont et en aval, d'apporter une attention particulière à leurs attentes et leurs besoins, afin qu'elles soient actrices dans le processus d’accompagnement et d’affranchissement. En effet, nombreux sont les outils considérés comme efficaces pour la majorité des usagers comme :

  • La satisfaction des besoins de base : Logement, environnement, lien social et culturel
  • Le soutien de l'entourage : Proches, amis, famille
  • L'aide des personnes paires présentes pour véhiculer leurs savoirs d'expérience sur la gestion des symptômes
  • La prescription médicale basée sur une relation d 'écoute du vécu dans sa complexité
  • Le renforcement ou l’activation du potentiel d'un sentiment d'utilité sociale

Par ailleurs, Mme Catalina Devandas-Aguilar, Rapporteuse de l'ONU, a souligné, dans son rapport préliminaire d'Octobre 2017, la nécessité de mettre en place un système de santé moins axé sur l'enfermement.

Personne n'est à l'abri de sombrer un jour dans une telle souffrance. Le décès d'un proche, un contexte familial compliqué, une situation financière difficile, et bien d'autres, font partie des aléas de la vie difficilement maîtrisables, rendant le développement de troubles psychiques possibles.

La revue « European Neuropsychopharmacology » , a publié une étude en 2012, qui indique que presque 1 français sur 5 est touché par la maladie mentale.

Si moi ou mes proches sombrent demain dans la souffrance psychique, devra-t-on moi ou mes proches m'enfermer dans le labyrinthe de la stigmatisation ou écouter mes besoins et valoriser mes potentialités ? Les lecteurs de la Provence sont en droit de poser le débat en ces termes.



Structures signataires

GEM les Nomades Célestes :
Les Nomades Célestes garantissent l'accueil des personnes en souffrance psychique et en situation de précarité. En effet, son but premier est de favoriser le rétablissement et l'empowerment des personnes accueillies, par l'intermédiaire de 3 pôles : La garantie d'un accueil inconditionnel participatif, la mise en place d'activité « d'empowerment », puis la sensibilisation du grand public aux enjeux de la participation des usagers, et à la lutte contre les stigmatisations.

MARSS :
MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Social et Sanitaire) est une équipe mobile de précarité et psychiatrie (EMPP) de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (APHM) composée d'une quinzaine de salariés. MARSS est né en 2005 d'une rencontre entre deux pratiques : celle de la psychiatrie communautaire de rue, et celle de la réduction des risques à Marseille, dans la rue également, mis en place par Médecins du Monde. MARSS développe depuis sa création différents projets expérimentaux dans différents domaines, ayant tous pour objectif de réduire les inégalités et les injustices, dans des pratiques orientées autour du rétablissement. MARSS a d'abord développé un travail de rue quotidien des 2005 à la rencontre de personnes ayant passé de longues années à la rue, puis a également développé des programmes d'auto-support par les pairs à l'hôpital et en ville (groupe d'entendeurs de voix, groupe prarano) et d'accompagnement à la maîtrise des moments de crise. Une équipe de recherche au sein de MARSS possède entre autres des compétences d'ingénierie de projet et d'évaluation de recherches orientées sur la santé au sein de la société.

Lieu de Répit :
Permet d'offrir aux personnes vivant une « crise psychotique » un milieu de vie calme, communautaire, proposer une approche visant à donner un sens à l'expérience subjective de la crise psychotique, accompagner la personne dans ses activités quotidiennes selon le principe « d’être avec » et « faire avec » ; favoriser l'absence de recours systématique aux traitements neuroleptiques, ou l'administration de faibles doses en favorisant plutôt les anxiolytiques qui altèrent moins les fonctions cognitives supérieurs et toujours avec l’accord de la personne ; permettre la présence permanente de professionnels et de bénévoles qui adhèrent à une vision existentiel et contextuelle de la crise sans la médicaliser/psychiatriser d’emblée . Le Lieu de Répit place l’auto-support et la pair-aidance comme pilier de son fonctionnement. Le séjour au Lieu de répit est un levier pour l’accès aux thérapies, au logement et à l’emploi grâce à l’intervention spécifique des acteurs expérimentés du lieu mais surtout grâce au travail de partenariat avec les équipes d’accompagnement.

COFOR :
Le CoFoR est un Recovery College, un lieu unique pour expérimenter de nouvelles expériences et développer des pratiques orientées rétablissement. Il s’adresse exclusivement aux personnes concernées par le rétablissement, c’est à dire aux personnes ayant ou ayant eu des troubles psychiques. Le concept de Recovery College, a été développé en Angleterre, se développe partout dans le monde et arrive enfin en France avec le CoFoR (Centre de Formation au Rétablissement). Les Recovery Colleges ont comme but de soutenir le bien- être et le rétablissement des personnes en valorisant le développement de connaissances et compétences, le partage de savoirs théorique et expérientiel, le soutien entre pairs et l’ancrage dans le local. Ce modèle ne remplace par les interventions thérapeutiques et psychosociales offertes et nécessaires dans le parcours de rétablissement de certaines personnes. Le Cofor c’est aussi un centre de ressources en ligne autour du rétablissement et en lien avec nos formations qui contient de nombreux outils.

Collectif Vérité et Justice pour Nathalie :
Lutte contre la maltraitance psychiatrique et les procédures d’hospitalisation psychiatrique sans consentement. Le collectif agit en synergie avec d'autres collectif à l'échelle régionale, nationale et internationale. Il était engagé activement dans la préparation de la visite de la Rapporteuse Spéciale de la CDPH-ONU en France surtout à Marseille.

Collectif informel CDPH-ONU: Collectif de la Campagne Francophone pour la Prohibition Absolue
Le collectif Informel (Collectif Francophone de la Campagne pour la Prohibition Absolue d'hospitalisation forcée et soins sans consentement ) en application de la CDPH-ONU et en lien avec le Centre pour les Droits de l'Homme des Usagers et Survivants de la Psychiatrie, http://www.chrusp.org/ est dans un état de légitimité incontestable de demander et d'agir pour le respect des droits des personnes victimes de privation et de dépossession parce qu'elles sont stigmatisées par la psychiatrie et d’œuvrer pour rappeler à la puissance publique, l’État Français de respecter les Conventions de CDPH-ONU qu'il a ratifié le 18 février 2010 avec ses protocoles facultatifs. Il s'indigne des attaques gratuites des médias contre la vie des personnes et contre leur dignité humaine, il y en a beaucoup, parce qu'elles sont dans des souffrances psychiques.

jeudi 4 janvier 2018

Douze Jours de Raymond Depardon, a-t-on réfléchi un peu?

Tout le monde apprécie le film "Douze Jours" de Raymond Depardon, sur le contrôle judiciaire des hospitalisations forcées en France...

Mais a-t-on réfléchi un peu ?

Voici un dessin qui décrit la réalité, vue du coté des victimes de l'hospitalisation forcée.




Est-ce une procédure contradictoire? Les principes élémentaires de la justice sont-ils respectés?

La phraséologie de la loi est que: "la présence de troubles mentaux rendent impossible le consentement de la personne". Cette formulation est très ambigüe: Le consentement implique deux acteurs. L'impossibilité supposée est-t-elle du coté de l'usager ou bien du coté du médecin? J'ai voulu exposer cette ambiguité dans le dessin en décrivant ce que cela signifie vraiment: la qualification psychiatrique suffit pour rejeter comme invalide toute expression d'une opinion. En fait, la personne s'exprime très bien comme tout un chacun, mais on ne l'écoute absolument pas parce qu'elle n'est plus considérée comme capable d'expression: elle n'est plus un être humain mais un objet inanimé, un cerveau à re-programmer. Elle n'existe plus. Ce n'est pas l'usager qui est impossiblement muet, c'est le médecin qui est devenu impossiblement sourd à l'humanité de l'usager.

Sait-on qu'en vertu de l'article 55 de la constitution, ces lois françaises de santé mentale sont sous l'autorité du traité Convention relative aux droits des personnes handicapées signé avec l'ONU, qui proscrit l'hospitalisation forcée et le traitement forcé comme des violations de ses articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, CG1 sur article 12, guidelines sur article 14, CG5 sur article 19.

Cela signifie que ces lois françaises de contrainte psychiatrique ne s'appliquent pas.

Aujourd'hui mes amis sont torturés aux neuroleptiques forcés, certains sont contraints à s'exiler, d'autres sont brisés, incapacités, desespérés, suicidés, malades, et souffrent de séquelles neurologiques liées aux "traitements" forcés. Vous savez qu'un médecin ne dénoncera jamais un autre médecin. Vous savez l'argent commis par l'industrie pharmaceutique pour vendre l'idéologie. Chaque pilule avalée est réinvestie dans l'idéologie. On rentre en psychiatrie, mais on n'en sort pas... Je pense qu'il n'est pas nécessaire de continuer cette farce collective, un crime contre l'humanité, un déshonneur pour la justice, le pays, et pour chacun d'entre nous.



Note: Dans ces dessins les propos sont imaginaires. Le dessin s'inspire des photos de la juge des libertés dans le film de Raymond Depardon. Le visage de la juge porte le masque Kaonashi l'esprit sans-visage du film d'animation "Le voyage de Chihiro", de Hayao Miyazaki, produit par le studio Ghibli, sorti en 2001.



Références:

Le traité CDPH signé avec l'ONU

http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Observation générale sur l'article 12:

http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU octobre 2017

http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Le Rapporteur ONU sur la torture demande d'abolir les traitements forcés, 2013

http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session22/A.HRC.22.53_English.pdf

Le "traitement" forcé est de la torture, par Peter Breggin, 2016

https://www.madinamerica.com/2016/06/forced-treatment-is-torture/


L'hospitalisation psychiatrique forcée est un crime contre l'humanité.

Szasz T. (1976) Involuntary Mental Hospitalization. In: Humber J.M., Almeder R.F. (eds) Biomedical Ethics and the Law. Springer, Boston, MA

https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4684-2223-8_12

Ces experts psys qui fabriquent des coupables sur mesure de Marc Lamaire,‎ Stéphane Lewden, L'harmattan, 2012
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22985


Pensez à signer et partager la pétition:

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu